Toulon 2010 : Enterrement du Padre

Le Padre est décéder le 2 Juillet 2010

Notre Padre, le Père Aubert Lucien est décédé le 2 Juillet 2010

Padre, de là-haut, protèges-nous !

Enterrement du Padre

Le Padre

Pour le Padre

Lucien AUBERT
1928 – 2010

 
Le Père Lucien AUBERT vient de nous quitter, après une courte maladie qui l’avait amené à l’hôpital au début du mois de juin. Il y était entré pour une intervention apparemment bénigne, mais les examens allaient révéler un mal beaucoup plus sévère en pleine progression, de sorte que son état s’est détérioré rapidement. Il est décédé vendredi dernier dans l’après-midi, (le 2 Juillet 2010)  assisté par sa sœur Simone, son frère Henri et son épouse.
Je voudrais au début de cette célébration évoquer rapidement son parcours de prêtre et de salésien.
Lucien est né à TANGER  le 6 janvier 1928, en la fête de l’Epiphanie. Son père HENRI était employé à la Régie des Tabacs du Maroc ; sa maman Andrée DOUBLE consacrait l’essentiel de son temps et de sa peine à élever ses cinq enfants, quatre garçons et une fille,  tout en rendant des services à la bibliothèque paroissiale de KENITRA (Port Lyautey) où la famille était venue s’établir.
Très tôt Lucien prit contact avec la paroisse salésienne de Port Lyautey (Kenitra) qui avait ouvert un patronage. Celui-ci exerçait à l’époque un grand attrait sur les jeunes en leur offrant des loisirs, du sport,  des jeux et activités diverses. C’est le P. Sylvestre SANTONJA qui un jour lui posa la question de la vocation…. Un appel qui allait cheminer et l’amènera au Petit Séminaire de RABAT-SOUISSI, Au terme de ses études secondaires, Lucien ne se sentait pas prêt d’entrer au Grand Séminaire. C’est le P. André GEBEL qui l’orienta finalement vers la vie religieuse salésienne. Après un an de postulat, il fut admis au noviciat de LA GUERCHE en Bretagne en septembre 1948. Il fait ses premiers vœux au terme de cette année, le 02 septembre 1949, des vœux qui seront interrompus par son service militaire qu’il a accompli au Maroc durant les années 50 et 51.
Après son service il intègre la communauté salésienne de Port Lyautey pour les trois années de stage prescrites par nos Constitutions. Après quoi il entame le cycle des études philosophiques et théologiques qui le mèneront jusqu’à la prêtrise : deux année d’études philosophiques à VILLIERS le BEL et quatre années de théologie à LYON – FONTANIERE. C’est là que j’ai fait la connaissance. Quatre années de vie d’étudiant, mais aussi de préparation intellectuelle et spirituelle au sacerdoce. Quatre année où les liens scellés par nos vœux religieux se sont approfondis et sont devenus aussi des liens d’amitié profonde. Au milieu de notre groupe Lucien apparaissait comme un confrère disponible, toujours prêt à rendre service, attentif à chacun, ouvert aux autres, soucieux d’entente et d’unité, des qualités qui allaient devenir par la suite les atouts majeurs de son apostolat. Le 14 avril 1957 il fut ordonné prêtre à LYON – FONTANIERE ;
Le voilà prêt pour la mission que le Seigneur allait lui confiée. Sa première obédience le renvoie au Maroc, à CASABLANCA, comme vicaire  de la paroisse confiée aux Salésiens. Il y restera 8 ans, jusqu’en 1965.
PL : C’est pendant ces 8 ans, que le MAARIF a accueilli, notre Padre, notre Lucien, à l’Eglise Saint Antoine de Padoue : Notre façon de vivre a été façonnée par nos prêtres salésiens et par nos bonnes sœurs de la Présentation.
Après un bref passage à la paroisse de N.D. du Bon Secours à LYON, il est envoyé à MONTPELLIER où il est nommé aumônier du Lycée Technique proche de la paroisse salésienne. Il assurera ce service durant 6 années. Son influence sur les jeunes  se vérifiera par les contacts qui ont bravé le temps puisque, périodiquement et jusqu’à une date récente, Lucien se rendait à MONTPELLIER pour rencontrer ses anciens et anciennes du lycée.
Après MONTPELLIER, Lucien est nommé curé de la paroisse N.D. Auxiliatrice de NICE. Il aura le souci de contacter les jeunes, de les intéresser à la vie paroissiale. Il met en place une animation liturgique où les jeunes tiennent la première place, soulignant ainsi les grandes fêtes de l’année liturgique.  La paroisse accueille aussi les élèves de l’établissement scolaire, professionnel et technique Don Bosco qui fait partie du même ensemble immobilier que les locaux paroissiaux.
Huit années de service à NICE ont donné à la paroisse une assise solide et un rayonnement qui s’exerçait au-delà de ses limites, notamment pour la grande fête de ND Auxiliatrice le 24 mai qui rassemblait une foule venue de toute la ville.
En 1981 Lucien est rappelé à MONTPELLIER où on lui confie la responsabilité de la paroisse et de l’œuvre salésienne attenante. Il y retrouvera d’anciennes connaissances et rapidement la paroisse Don Bosco deviendra un centre dynamique où se rencontrent paroissiens, mais aussi  amis, collaborateurs et jeunes du lycée technique, constituant un vivier où Lucien puisera pour lancer des animateurs pastoraux laïcs.
 
Dans les années qui ont suivi le concile Vatican II et les chapitres généraux de rénovation de nouveaux chantiers s’ouvrent pour la mise en place des réformes. Un de ces chantiers est la réorganisation des différentes branches de la Famille salésienne. En 1984 Lucien accepte la charge de responsable de la famille salésienne au niveau provincial. Il s’attachera à la mise en œuvre des nouveaux statuts auprès des Anciens, des Coopérateurs et des VDB (Volontaires de Don Bosco). Il sera notamment à l’origine des nouveaux coopérateurs dans la Province de Lyon en suscitant des groupes importants à Nice, Marseille, Montpellier, Lyon. Il mettra en place des structures de concertation et de participation qui redonneront aux coopérateurs un nouveau souffle et leur feront découvrir l’originalité de leur vocation. Il consacrera 10 années à ces tâches, de 1984 à 1994. C’est durant cette période aussi que Lucien organisa tout le groupe d’anciens paroissiens, élèves et amis des œuvres salésiennes du Maroc, qui, à la suite de l’accession de ce pays à l’indépendance  avaient rejoint la métropole. Dispersés sur tout le territoire, Lucien s’évertua à les repérer et à tisser patiemment des liens entre eux. Ainsi naquit le MAS. (Au départ : Maarif Association Sportive, puis Maghreb Association Salésienne, puis Maroc Association Salésienne)
Des années denses, actives et bien remplies, comme on le voit, mais qui laissèrent chez lui quelques traces de fatigue. Ses supérieurs décidèrent de le remplacer et lui laissant seulement le soin de poursuivre son action dans le cadre du MAS.
En 1994 il rejoignit la communauté des Salésiens de Bon Accueil à TOULON et c’est de là qu’il continua à tisser ce réseau du MAS à travers la France, l’Espagne, le Maroc, avec des antennes aux Baléares et en Amérique du Nord et Latine.
Un travail méthodique d’organisation, de recherche, de classement, de constitution et de tenue à jour d’un fichier qui grossissait d’année en année ; Il créa aussi un bulletin d’information le « LIEN » qui permettait un échange de nouvelles entre les anciens du Maroc.
Tout ce travail administratif était au service de la pastorale. Celle-ci était son souci principal. Tout au long de l’année, il organisait des rencontres, des récollections, des sessions, visitait les divers groupes qu’il avait constitués autour de quelques centres, s’intéressait à la vie de chacun, préparait des mariages, baptisait, et accompagnait beaucoup à leur dernière demeure. Il avait créé une paroisse, sociologique bien entendu,  à l’échelle internationale.
La maladie l’a surpris en pleine activité.  Il est entré à l’hôpital, sans décommander un pèlerinage à Lourdes prévu pour la semaine suivante, pensant que son séjour en clinique serait bref et qu’il serait de nouveau prêt à honorer ses rendez-vous..
Il n’en a pas été ainsi, hélas…..et nous restons pensifs devant le déroulement d’une vie dont  le fil a été brusquement coupé. Mais sans doute le Seigneur a-t-il ses vues qui ne coïncident pas nécessairement avec les nôtres.
Tous ceux qui ont visité Lucien à l’hôpital ont eu le sentiment qu’il était entré très consciemment dans une obéissance filiale à son Seigneur et Maître, qu’il s’était délibérément soumis à la volonté divine, qu’il considérait qu’il avait accompli la tâche qui lui avait été confiée et qu’il pouvait donc s’en aller en paix. C’est dans la paix qu’il s’est endormi vendredi dernier, entouré des siens.